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interviews, conversations



Ce 18 mars, Half Asleep jouait devant une assemblée fort attentive sous une lumière tamisée. Le spot éclairait à peine la jeune fille et son piano et la salle était dans l’ombre, comme si le reste du monde avait disparu. Un moment hors du monde, justement, de ceux qui passent, vous rendent meilleurs et disparaissent (comme une voiture dans la nuit qui roule sur le petit morceau de route éclairé par les phares en essayant de deviner la suite).

Quand Valérie chante, on entend par delà sa voix étonnamment grave celle d’autres grandes dames dont on se demande où elles rangent le jour leurs ailes de géants, des écrivains, des musiciennes, des femmes indépendantes de toutes les époques (Nico bien sûr en influence revendiquée, mais pourquoi pas aussi Carson McCullers, Eudora Welty, ou Lucy des Peanuts, parmi tant d’autres)

Du folk mélancolique, certes, mais où l’on peut se retrouver avec soi-même, et trouver une source de force pour résister au chaos du dehors, et avec le sourire.


Les réponses de Valérie, très loin et très proches des impeccables titres de ses chansons:


Comment te décris-tu ? Pourquoi ton nom « Half asleep » ?


Je ne savais pas que half asleep ça allait réellement être de la musique pour dormir. Quand j’ai choisi le nom, je n’avais pas de style défini. Je ne pensais pas que ça allait endormir, c’est ce que disent les gens parfois. Ceci dit, j’essaye de ne pas le prendre comme une critique, c’est beau le sommeil. Peut-être que le bonheur, c’est le sommeil. Dans ce cas, je fais une musique de demi bonheur. Ça me va.


Es-tu une collectionneuse acharnée ? de quoi ?


Mmhnon. Petite je crois que j’ai tenté une collection de pièces de monnaies, j’aimais bien les pièces trouées en leur centre, mais après quelques mois, ça a commencé à m’ennuyer. En fait, quand j’étais ado (c’est y’a pas si longtemps), on ne me pouvait me faire qu’une seule sorte de cadeau : des disques. On ne devait surtout pas m’offrir des vêtements, j’avais trop horreur de ça. Aujourd’hui, j’achète beaucoup moins de disque, mais j’aime toujours autant les objets liés à la musique, c’est peut-être ça que je collectionne en fait : des instruments, des disques, etc.


Tes premiers souvenirs musicaux ? Comment as-tu découvert la musique ? Avec quel parcours au fil du temps ?


Premier souvenir ? ça doit être la B.O de La Mélodie du Bonheur, qu’on avait en 33T à la maison. On a dû l’écouter ma sœur et moi autant de fois qu’on a vu le film. Surtout le passage du spectacle de marionnettes. On écoutait aussi Barbra Streisand avec ma mère. Mon père, lui, c’était la musique classique, on l’entendait un peu dans le salon, mais il l’écoutait aussi beaucoup dans son bureau, en privé. Pas de souvenir de musique classique. En fait, j’étais surtout branchée sur la radio, le r’n’b. Aujourd’hui, en y réfléchissant, les seuls disques rescapés de mon enfance sont « Sappho de Mytilène » de Angélique Ionatos, avec Nena Venetsanou, et la B.O de La Double Vie de Véronique par le compositeur attitré des films de Kieslowski, Zbigniew Preisner. Deux disques sublimes. Que j’aime profondément, mais c’est aussi affectif. J’ai découvert le rock vers 14 ans je crois, un peu après avoir arrêté de prendre des cours de musique. Après, j’ai cheminé en solitaire.


Sur les pochettes de disques, est-ce que le passage d’un visage masqué et d’un oiseau bizarrement articulé à un profil aux cheveux rouges confortablement accoudé affirme quelque chose de spécial ?


Tu crois que ça veut dire quelque chose ? Je ne sais pas trop. Qu’est-ce que ça peut bien vouloir dire ? Eh je viens de me rendre compte que sur chaque pochette d’half asleep, il y avait une femme vue de profil. Sur le premier c’est moi, sur le deuxième c’est pas vraiment moi et sur le troisième c’est vraiment pas moi. Est-ce que ça veut dire que je me détache et que je deviens une sorte de personnage ? ça me fait peur cette idée. Il ne faut pas croire que j’ai les cheveux rouges.


Jusqu’à quel point compte pour toi les labels qui accueillent tes disques ?


A quel point ? mmm… à tous les points. Disons que ce qui compte, ce sont les gens, les gens des labels, les messieurs et les madames, ceux qui te soutiennent, qui t’aident à diffuser ta musique, qui se battent pour elle alors que tu ne leur as absolument rien demandé. Ça existe les gens comme ça, et le dévouement, ça m’a toujours scotchée sur place. Parfois, j’ai l’impression de ne rien faire, en fait ce sont eux qui font tout le travail. Ils deviennent tous des amis. Forcément.


As-tu un truc pour te sentir invincible quand tu as quelque chose de difficile à faire ?


Non, mais j’aimerais bien en trouver un. Parfois je me dis à moi-même un truc du genre « allez ! allez ! » en inspirant un grand coup et en faisant un mouvement de haut en bas avec la tête. Ou alors j’aboie dans ma tête. La plupart du temps, je suis très « vincible », tout m’effraye.


Quelle importance accordes-tu à l’endroit où tu vis ?


‘Me suis jamais vraiment posé la question. Comme tout le monde j’ai la vague envie de vivre ailleurs, de voir les pays, mais ça reste vague. Les étangs en ville, c’est pas mal, y’en a deux près de chez moi, la pelouse autour, ça me rassure parce qu’on peut s’y assoire en été. On peut profiter du soleil. Peut-être que je n’accorde pas assez d’importance à l’endroit où je vis.


Quel est ton endroit préféré au monde ?


Je n’ai pas vu le monde. Si j’en fais le tour un jour, je te dirai. Y’a quelques années j’ai été à Montréal, coup de foudre, mais ce n’est pas assez personnel pour être un endroit préféré. J’aime bien la forêt, mais je n’y vais jamais.


As-tu gardé de tes lectures ou des paroles de chansons des phrases lumineuses qui te servent de repères ? des livres, des films, des disques qui sont des pierres angulaires ?


Des phrases m’ont marquée, frappée, ça c’est sûr, mais je serais incapable de t’en citer une de mémoire là à l’instant. Un de mes films préférés est A travers le miroir, probablement pas le meilleur film de Bergman mais j’y reviens sans arrêt, je ne sais pas pourquoi. En littérature, je crois que ceux qui m’ont le plus marquée sont les écrivains, poètes, dramaturges de l’absurde, j’ai compris grâce à eux quelque chose qui est de l’ordre du rythme, du flot spontané, ça peut se traduire dans la musique aussi. Les disques, y’en a trop, trop trop trop… je suis en train de réécouter tous les vieux sonic youth, et je crois que je ne les ai jamais autant aimés.


Quel est ton personnage préféré (catégorie livre, disque, film)?


Peut-être Mabel, Gena Rowlands dans Une femme sous influence, sa folie qui est sublime. Ou alors le majordome dans The Servant, joué par Dirk Bogarde, un personnage méchamment ambigu (enfin, tous les personnages des pièces d’Harold Pinter en général, ils ne sont pas sympathiques, voir parfois détestables, ils sont froids et n’ont rien de logiques, je les adore). Et puis, y’a le Plume de Michaux, qui est complètement impalpable.


Quel/ qui est ton monstre préféré?


Celui qui se trouve sous mon lit bien sûr. Il doit être bien aplatit maintenant que mon sommier rase le sol. Mais bon, c’est pratique, ce genre de monstre, je le blâme pour chacun de mes problèmes. Toujours trouver un responsable à ses problèmes !


Une catastrophe mondiale fait que tu es la dernière survivante (imaginons juste 30 secondes). Quel endroit pilles-tu en premier ?


La cinémathèque royale. Je pense que la collection belge est assez fameuse. En même temps, ce ne sera pas drôle de regarder des films toute seule sur la surface de la terre.


Que fais-tu de ton temps libre?


Rien. Je reste immobile, assise, en attendant qu’il se passe quelque chose. Ça ne doit pas être une très bonne technique, il faudra que je pense à m’agiter un de ces jours (ce qui fera un excellent sujet pour mon prochain post-it)


À quelle époque aurais-tu aimé vivre si tu avais eu le choix ?


Je me dis que si on n’a pas la chance de faire partie d’une classe privilégiée, aucune période n’est idéale. Mais si on a le droit de se projeter dans une sorte de conte imaginaire et parfait, d’époque rêvée, j’aurais bien aimé vivre quelque part entre le 9ème et 13ème siècle, pour pouvoir me faufiler dans les ateliers d’enluminures de l’époque. Ce que c’est beau, les enluminures médiévales ! Ou alors vivre durant les années folles, je serais une « flapper girl ».


Que manque-t-il à ton bonheur?


Un poulicroc !


Un souvenir de pire ou meilleur concert ?


Le pire. Un concert de soutien improvisé à la ferme du Biéreau qui traversait alors (et traverse toujours) de graves difficultés. C’est une petite salle qui se trouve dans la ville de Louvain-la-neuve, un des plus sympathiques lieux de belgique. Enfin bref, je jouais avec Ori, devant quelques personnes pas trop attentives, on n’était pas du tout préparées. On a enchaîné foirages sur foirages, c’était monumental. On est reparties dès notre « concert » terminé, en regardant nos pieds, en piquant tous les médiators du groupe qui jouait après nous (involontairement bien sûr), et puis en sortant, un mec nous a lancé quelques mots pas très sympathiques. Après on a envoyé des sms aux gens qu’on connaissait dans la salle pour leur dire qu’on était désolées d’être parties sans leur avoir dit au revoir mais qu’on avait trop honte pour rester.


Qu’as-tu appris de nouveau ces derniers temps ?


Que la maman panda met au monde un bébé minuscule et que, proportionnellement, ça reviendrait, pour une maman humaine, à donner naissance à un petit machin pas plus grand qu’une boite d’allumettes. Je me dis que ça faciliterait pas mal les accouchements humains.


Et pour finir, aurais-tu un jeu de mot idiot préféré à partager avec nous ?


La basilberg de Koekelique (un jeu de mot bien belge, y’a que ça qui me vient en tête)


albums:

Just before we learned to swim réédité chez Matamore recordings

(We are now) seated in profile chez Unique records (album téléchargeable (licence Creative Commons), à acheter ensuite pour plein de bonnes raisons pour la modique somme de 10 euros. )

explorer aussi Another-record

et half-asleep.tk


une sélection de titres cette semaine dans la Blogothèque


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