fictionalize you life

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interviews, conversations

Septembre et son cortège de nouveaux départs, redémarrages, remises en route. En parlant de se mettre en marche, écoutons trois disques où il est question d’aller chercher autre chose ailleurs.









A peine âgé de 20 ans, Jean-Sébastien Bach entreprit une marche de presque 400 km, vers la fin de l’automne 1705 dans le but de rencontrer le légendaire organiste Dietrich Buxtehude. En 2013, le pianiste globe-trotteur Francesco Tristano décida d’ajouter un chapitre à l’histoire de la musique “classique” et enregistra Long Walk, recueil mêlant pièces baroques parfaitement sublimes et morceaux de sa composition.


Le chef d’oeuvre absolu d’un jeune virtuose, certes, mais aussi le fruit de rencontres avec des facteurs de piano et, j’imagine, des conservateurs des bibliothèques de partitions, des architectes japonais - l’album a été enregistré à Kyoto - des ingénieurs du son, une équipe nombreuse d’illustres anonymes en mouvement, au service de la réalisation d’une idée.









Sam Amidon explique avoir écrit et pensé Bright Sunny Youth en randonnant, une longue marche de 6 000 heures, ou 600 jours. Une éternité entrecoupée de pauses durant lesquelles il a “rassemblé les objets” qui composent le disque, une collection de chansons traditionnelles et d’hymnes religieux arrivés en Amérique dans les bagages des nouveaux arrivants, intégrés depuis au patrimoine musical du pays. Fils d’un couple d’artistes folk, ami de Nico Muhly et Justin Vernon (entre autres) Sam Amidon réarrange d’anciens morceaux bluegrass ou country, construit des ponts entre le passé et le présent, offre des traditionnels une relecture libre, free, moderne, qu’on imagine assez proche de l’interprétation que pouvaient en faire les autochtones il y a un siècle ou plus, différente dans la forme, fidèle à l’idée.


Je suis allée le voir en concert (il faut aller l’écouter, c’est un performer inoubliable) sur la recommandation de Jullian Angel.









Lorrain de naissance, Jullian Angel est parti arpenter les rues lilloises il y quelques années. En 2015 est sorti un objet poétique et musical, un recueil album, un genre de “portrait de l’artiste en jeune homme moderne” intitulé Bittersweet lines from a pocket flyer/Soundtrack for a reading. Que l’on rêve en promeneur solitaire dans les parcs des villes ou auprès des arbres du pays de Wordsworth, la marche a visiblement le pouvoir d’entretenir la tension en attendant l’instant où tout bascule, où l’énergie potentielle de tout ce qu’on a en tête devient énergie cinétique, où le mouvement du corps permet la création de l’objet réel. Ce beau recueil album offre deux exercices poétiques, au sens où le poète ne se satisfait pas de ce qui est, cherche jusqu’à trouver sa voix et la bonne distance par rapport à la marche du monde.








Comme chaque année à la même saison, les appels des oiseaux migrateurs ont résonné par dessus les toits, et j’ai pensé à tous les humains en marche. Puissent-ils arriver à bon port.


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