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interviews, conversations




Après l’aride musique de Encre, Yann Tambour a enregistré 8 titres sous le nom énigmatique de Thee, Stranded Horse. « So goes the pulse » annonce le premier titre comme un credo.

L’ensemble est un album très organique où la voix semble chercher des secrets dans une articulation compliquée, où tout est lié, inconsciemment ou pas, le cheval entravé ou au galop et le mouvement de la mer en Normandie, le vertige des presque 10 minutes que dure le titre 4, « the swaying eel » et la fluidité de la kora.

Autour de cet instrument tout aussi simple que magnifique (une calebasse, une peau tendue, un manche en bois et du fil de pêche) s’organise une rencontre intime et universelle entre des ballades pour collectionneur de folksongs (dans l’esprit de John Jacob Niles, luthier, enfin, fabriquant d’instruments, et gardien de la mémoire des airs des Appalaches pendant des décennies), l’art traditionnel des griots, musiciens ou conteurs d’Afrique de l’Ouest et une reprise de Marc Bolan (d’avant T Rex).

Une conversation de veille de concert à la campagne nous a donné l’occasion de développer certains de ces passionnants sujets.


Tu as déjà dit en interview que vivre à la campagne a eu une influence sur ta musique. Comment en es-tu venu à quitter Paris ? As-tu suivi quelqu’un ?


C’est moi qui ai décidé de déménager. Je suis né au bord de la mer dans la Manche, j’ai eu un immense ras le bol de la vie parisienne. J’y ai pensé assez longtemps et je suis parti un jour assez brutalement, retrouver un truc que je connaissais, dans lequel j’avais grandi.


Comment as-tu découvert la musique « indépendante » ?


Au lycée j’ai commencé au travers d’amis qui m’ont foutu sous le nez des disques de Joy Division ou Nick Cave qui m’ont rendu un peu curieux.

Avec la musique classique j’ai commencé très tôt mais j’étais très nul. Vers 12 ans je suis tombé malade et je suis resté enfermé un mois. J’ai joué sans arrêt. Je me suis pris de passion parce que je n’avais rien d’autre à faire. Quand je suis revenu le prof ne m’a pas reconnu. Il m’a dit que ça ne me quitterait plus jamais. Bizarrement mon premier rapport à l’instrument c’est ça. Au travers de la kora ou de la guitare classique c’est aussi une manière de retourner vers quelque chose de plus ancien, plus fondateur.

J’ ai appris le solfège directement en découvrant l’instrument, et non au préalabre, dans des cours à part. C’était un cours particulier assez libre et clément, pas du tout élitiste, un truc assez chouette même si au début je m’en fichais royalement. A un moment ça m’a mordu.


Sur ta page Myspace, John Jacob Niles est dans ton top amis. Et sur ton album la voix, les voyelles sonnent un peu de la même façon…


Je l’ai écouté en pleine production de l’album après le 45t pendant que j’écrivais l’album. J’aime bien imaginer être une espèce d’éponge qui prend les trucs et les transforme dans sa perspective. Je ne suis pas la personne qui peut dire dans quelle mesure le travail de quelqu’un peut influencer le mien et j’essaie justement de pas y réfléchir. Ca ne m’intéresse pas. Sauf les erreurs sur ma démarche qui peuvent me faire bondir.

J’ai cherché dans une volonté d’aller vers des choses très anciennes et fraîches sans être passéiste, vers quelque chose d’une nostalgie fraîche. Aller vers des choses très anciennes et y retrouver des choses qu’on ne trouve plus aujourd’hui. Voilà quelque chose de particulièrement réussi chez Niles, quelqu’un de vraiment à part.


Quelles sont les voix que tu aimes particulièrement ?


Je suis très fan de Marc Bolan le chanteur de Tyrannosaurus rex depuis très longtemps, qui a influencé Devendra Banhart par exemple. La 1ère fois que j’ai entendu Banhart j’ai eu l’impression d’entendre un Bolan fade. Il y a une espèce de magie, de folie animale, un truc animal et fou chez Bolan dont ce type est très admiratif mais au moment où toute la scène weird folk est arrivée on n’a pas parlé de Tyrannosarus rex.

J’ai fait des reprises parce que chez Bolan, il y a des choses qui me fascinent depuis longtemps : ce côté on tort les lettres, les accents dans tous les sens ça me fascine depuis longtemps. J’ai appliqué cette recette sur certains morceaux de mon disque, me doutant que ça allait générer des comparaisons, « psych folk » et co.


« The swaying eel » m’impressionne beaucoup car elle finit dans une sorte de transe, il se passe des choses dans les infimes changements des motifs répétés infiniment. Que recherchais-tu en faisant ce morceau ? Que t’ont apporté les musiques africaines ?


La musique de la kora est d’une extrême fluidité. Cet instrument t’apprend à écouter l’instant et à évoluer avec l’instant, je l’ai appris en jouant en duo avec Ballake Sissoko, qui jouait sur mon album de kora préféré (« New Ancient Strings » de Toumani Diabaté et Ballake Sissoko).

Je le pressentais mais ça m’a appris à exploiter l’instant, l’attention des gens devant lesquels tu joues, ou juste l’humeur qui se dégage quand tu enregistres. C’est très bizarre de jouer de la kora et d’avoir ce rapport différent, fluide à l’instrument. Du coup je joue de la guitare de façon différente. En terme de guitare je me suis éloigné des contraintes métriques rythmiques rigides qui sont des réflexes occidentaux, si on peut dire, dont ça m’a permis de me dégager.

“Sharpened Suede”, par exemple, un morceau où j’exploite cette transformation, pour sortir un schéma occidental métrique de sa rigidité en insérant des grains de sable, des temps hors d’un calcul rond qui retombe sur ses pattes. Ca me force à aller vers une fluidité qui permet d’accélérer ou de ralentir. J’insère comme un temps de trop en créant une respiration qui génère un schéma plus progressif que métrique.


Comment as-tu choisi ce nom, « Thee, Stranded Horse » ?


A un moment je savais que j’allais me montrer sur scène avec ces chansons là. Mon ami Matt Elliott m’a emmené en tournée après le 45t. On s’était arrangé et je voulais mûrir les morceaux dans leur version brute, innocente sur scène et les travailler un peu au corps devant les gens, prendre conscience de ce qu’ils étaient sur scène, à l’inverse de ce que j’avais fait avec Encre.

Quand je me suis aperçu que j’arrivais à tourner comme un projet parallèle de Encre même sans album, j’ai su qu’il fallait pas que j’appelle ça Encre sinon les gens ne comprendraient pas, ils auraient pu s’attendre à voir un groupe de plusieurs personnes. Il fallait que je trouve autre chose.

Je me suis trouvé devant la photo du 45t et j’ai essayé d’écrire quelque chose dessus et c’est venu.

La forme « thee » est utilisée dans énormément de morceaux, c’est le vieux tutoiement. Chez Shakespeare c’est plutôt « thou » mais thee est aussi encore utilisé dans des dialectes aux USA chez les Quakers ou les Amishs, dans une forme simplifiée sans déclinaisons. Il est utilisé dans des morceaux de John Jacob Niles ou Lee Hazlewood. Par exemple dans « Sand » une chanson de Lee Hazlewood, reprise par Op8 (Lisa Germano et Giant Sand). « my heart is cold, my soul is free, but thee may take me by the hand… », toute la partie chantée par la femme est décliné en thee.

Les français ne savent pas du tout ce que c’est. Même les anglais se demandent ce que la virgule fout là et pensent que c’est juste comme thee majesty une manière d’insister sur le the.


Quelles sont tes paroles de chansons préférées de tous les temps ?


“I asked a painter why the roads are colored black he said ‘Steve it’s because people leave and no highways bring’em back”, des Silver Jews. (”Random Rules”, sur l’album “American Water”) C’est ma phrase préférée et je ne sais vraiment pas pourquoi.


Quels sont tes disques d’île déserte ?


Leo Ferré « et basta ».

Toumani Diabate & Ballake Sissoko “New ancient strings”.

Un disque de Nat king cole extrait d’une collection sur le jazz, un truc de supermarché dont la sélection est absolument parfaite. Depuis que j’ai emménagé en Normandie dans une maison en pierre c’est ma bande son idéale.

John Jacob Niles “I wonder as I wander”.


As-tu des disques dont tu pourrais dire qu’ils t’ont sauvé la vie?


Bizarrement contrairement à l’impression que je me suis aperçu que je pouvais dégager à l’époque de Encre je n’ai pas ce pathos là. Je n’ai pas eu une histoire qui me permette de dire ça, de mon point de vue ça me paraîtrait même presque caricatural et même éventuellement tarte à la crème.

Ça me paraît très écorché romantique français. Mais je respecte et je comprends que d’autres puissent le dire.

Du coup je pense à un autre disque de chevet : Tyrannosaurus rex. Il y a là déjà toute la folie animale d’Animal Collective, le trémolo de la voix qui peut séduire chez Banhart. Avant qu’il ne passe à T Rex, quasiment toute la presse crachait sur Bolan sauf John Peel. Tyrannosaurus Rex est d’une extrême actualité aujourd’hui mais on n’en parle toujours pas.

Tyrannosaurus Rex et T-rex sont deux choses complètement différentes. Pour moi Tyrannosaurus rex est un bijou, une magie qui m’a collé une beigne directe. Et Bolan, pas forcement un mec toujours intéressant mais un éclair de génie parfois.


Y a-t-il des disques que tu voudrais aimer mais que tu n’arrives pas à écouter en entier ?


Il y a des choses que j’ai écoutées pour lesquelles j’ai un immense respect. J’ai une attirance mais pas de plaisir à écouter Robert Wyatt ; je n’y arrive pas, et pourtant il y a quelque chose qui me fait me dire que c’est bien.

Mon disque de l’année, c’est Ralfe Band signé sur Skint, le label de Fat Boy Slim. Découvert par hasard, mortel.


Quels sont les meilleurs endroits pour écouter de la musique ?


Au coin du feu ou en voiture. Mais tu n’écoutes pas la même chose.

Au casque au bord de la mer aussi.

Il y a des moments où j’arrête complètement parce que je suis incapable de prendre quoi que ce soit. Ça ne dure pas forcement longtemps mais ça m’est arrivé.


As-tu, dans les films ou les livres, des personnages qui t’inspirent, que tu considères comme des modèles à suivre ou pas ?


En fait je m’intéresse à des gens qui ne sont pas trop comme moi, qui sont même profondément différents de moi.

Je n’ai pas du tout envie de retrouver des gens qui me ressemblent, c’est un peu une perte de temps. Comme je suis un peu curieux je pense que c’est en cherchant chez les gens qui ne me ressemblent pas que je vais découvrir le plus de trucs, que je serai le plus frappé, beaucoup plus séduit, charmé. Des gens avec qui tu te sens des terrains d’entente affectifs mais avec des approches tellement différentes que ça donne envie de te renverser.


Que fais-tu de ton temps libre ?


Je le passe au bord de la mer, je fais la cuisine, je me baigne et je vais me promener sur les îles anglo-normandes parce qu’elles me fascinent.


Qu’y a-t-il dans ton ipod en ce moment ?


J’ai remis 2 album d’Elisabeth Cotten, celui d’un chanteur éthiopien aveugle, vu a une soirée « Ethiopiques » à Paris dont je n’avais jamais retrouvé le nom, et que quelqu’un m’a filé ces jours-ci. Le dernier album de Ballake Sissoko, mes albums fétiches, des inédits, un autre album d’île déserte : « The marble index » de Nico.

On m’a filé des versions alternatives de « Desert Shore », pas mal de Johnny Cash, des morceaux d’Elvis que j’ai téléchargés. Je ne connais pas bien et je me suis pris une tarte récemment en entendant « I can’t help falling in love with you », un grand classique.

Je ne garde que les morceaux d’Elvis qui me plaisent. Chez lui, il y a à boire et à manger mais quand c’est bon c’est absolument incroyable. La 1re version de « Blue Moon », dans les années 50, est incroyable.

Je n’ai pas mis assez de musique parce que ça tourne en boucle.


Quel est ton endroit préféré au monde ?


En ce moment il y en a deux : le côte espagnol de la zone frontalière côté méditerranéen en Catalogne, juste à la frontière qui se jette au bord de la mer, côté Port-Bou. J’aime l’autre côté aussi mais c’est trop toc, trop carte postale ; je suis très pour les bords de mer rocheux.

Le deuxième endroit est là où j’habite, du côté de La Hague. J’aime la côte rocheuse du nord du Cotentin et la côte plus sauvage au centre du département avec des petits havres sauvages et une végétation très typique, avec des marais remplis par la mer, et beaucoup de deltas où parfois la mer rentre et puis la rivière reprend le dessus.


Qu’as-tu appris de nouveau récemment ?


J’ai appris à être plus focalisé plus patient et un peu plus dévoué.


As-tu un jeu de mots idiot ou une blague bête pour finir ?


Les jeux de mots c’est trop facile comme humour en plus à l’écrit il n’y a pas le ton. Je suis très fan de l’humour anglais, assez classique, d’Alan Patridge et Ricky Gervais, très classique chez les anglais.

Je reviens à ces vieilles amoures là, j’ai toujours vécu à proximité des îles anglo-normandes. J’ai toujours regardé les chaînes anglaises à la télé, c’est assez bizarre, je vis dans une vague zone frontalière là-bas.


www.myspace.com/theestrandedhorse

theestranded horse.com

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