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interviews, conversations




Aux trinitaires le 8 novembre, au tout début du weekend du festival des Musiques Volantes, un drôle de duo arrive.

Le premier personnage derrière des machines analogiques, dont un theremin, cet instrument bizarre autour duquel on agite les mains dans un apparent désordre pour invoquer des vibrations étranges, l’autre derrière sa batterie, généralement connu dans le rôle du batteur d’Herman Dune.

Au fur et à mesure de la performance, entre les deux, une alchimie s’installe, un dialogue sonore qui emporte ceux qui le veulent bien dans ce qu’on peut appeler un tourbillon tribal et envoûtant, d’autant plus efficace sous le bas plafond d’un caveau voûté. En fin de compte, « le professeur Etienne Jaumet » et « Cosmicneman » sont de grands admirateurs de musique ethnique, de krautrock français, de films de zombies, des Silver Apples et de Sonic Boom.

Et puisqu’il faut bien trouver des mots après avoir remué la tête et les pieds, magnétisé et ravi, on peut dire que Zombie Zombie joue la bande son d’un voyage dans l’espace infini de l’imagination, dont on a rêvé autrefois, aux commandes d’un immense carton de frigidaire transformé en faux vaisseau spatial, avec des réacteurs en papier alu et des cadrans de contrôles multicolores dessinés au feutre.


Etienne, quel est ton synthé préféré ?


C’est des trucs trouvés dans les brocantes, sur internet. Quand les Cash Converter sont apparus les gens se sont débarrassé de leur jouets. Des copains ont commencé à me dire qu’ils avaient trouvé des synthés incroyables, des vieux trucs des années 70-80. Alors moi aussi j’y suis allé et j’ai acheté une misère mon premier, le ARP que j’ai depuis 10 ans. Tout de suite quelque chose s’est passé. Comme je suis saxophoniste à la base j’ai un rapport assez physique avec l’instrument. Cet instrument où il faut souffler m’a forgé pendant des années. Mon amour des synthés est né comme ça un petit peu au départ par ce rapport physique, de retrouver ces sensations avec l’instrument où le geste détermine le son. Je jouais du saxo dans d’autres groupes, d’autres instruments aussi sans chercher à faire de la musique électronique.

On répète au même endroit avec Neman et à force de faire du bruit avec mes synthés il m’a dit « tiens c’est sympa ». Il s’est mis à la batterie. Ça a fonctionné tout seul, un peu comme ce soir. On fait des sons. Notre imaginaire se laisse porter et on part. Il y a une dimension psychédélique qui nous a tout de suite parlé.


Quel est à votre avis le meilleur endroit pour écouter de la musique ?


(Neman) La voiture. Tu es très attentif à la musique, plus même que quand tu es chez toi dans ton canapé.

(Etienne) Les conditions sont mauvaises parce qu’il y a le bruit de la route mais…

(Neman) A mon avis se déplacer permet d’être vraiment attentif à la musique. Il y a plein de disques que j’ai découverts comme ça.

(Etienne) Il y a le déplacement, la musique et le fait de te concentrer sur quelque chose d’autre. La musique s’intègre presque sans réfléchir à ce que tu fais. Certaines musiques vont très bien avec la voiture. Je pense que notre musique va très bien avec la voiture.


Avez-vous des souvenirs d’écoutes particuliers ? Des lieux ou des moments liés à des disques précis ?


(Neman) Des fois je me rappelle de ce que je faisais la première fois où j’ai écouté un disque. Il y a des moments assez jouissifs quand tu es avec un ami qui veut te faire découvrir quelque chose. Tu es forcement assez attentif. Ça m’est arrivé plein de fois chez Etienne.

(Etienne) Air, Sonic Boom, je me rappelle très bien avoir montré la pochette en disant « regarde celui-là quand on tourne ça fait des formes ! ». Je suis rentré dans la musique tout de suite.

(Neman) Etienne m’a fait découvrir un disque de Catherine Ribeiro, le krautrock français des années 70.

(Etienne) Des hippies qui vivaient dans la montagne.

(Neman) C’est un bon exemple.

(Etienne) Des fois ça ne marche pas mais bon…


Y a –t-il des disques qui ont changé votre façon d’écouter de la musique ? Est-ce qu’il y a un cheminement de disque en disque ?


(Neman) Ah oui !

(Etienne) Complètement. Par exemple tout à l’heure j’ai parlé avec le programmateur d’ici, un fan de musique de la première heure, dont celle des années 70. Moi aussi je suis très attaché à la musique française des années 70. J’ai joué au début avec Flóp, un chanteur qui faisait de la chanson française. Il m’avait fait découvrir Dick Annegarn, de la chanson française folk. Il m’a amené au psychédélisme français des années 70 parce qu’il a joué avec Albert Marcoeur, une espèce de Zappa français assez inventif qui touche à tout avec des arrangements originaux.

Le fait d’écouter cet artiste là m’a fait découvrir tout un nouveau pan de musique. Et voilà, Dick Annegarn fait de la chanson française et m’a fait découvrir des choses extrêmement pointues.

(Neman) C’est marrant, généralement tu découvres les choses à l’envers. Tu découvres une musique actuelle qui s’est inspirée de choses que tu ne connais pas. Quand tu l’écoutes, tu commences à découvrir les inspirations. Tu remets le film dans le bon sens après et tu vois comment ça marche. Mais souvent tu ne commences pas par le départ.


Avez-vous un musicien classique préféré ?


(Etienne) J’aime tellement les musiques tribales, ethniques qui prennent la source dans l’énergie et la transe. Ce sont des choses dont on est extrêmement proche. Les premières musiques qui ont été faites, quand les mecs ont pris un bout de bois et ont tapé sur un autre.

(Neman) J’aime beaucoup Erik Satie. Ce n’est pas la musique vers laquelle je vais le plus facilement. Il se retrouve entre Thelonious Monk, le jazz et la musique classique. Il a su faire ce lien là.

(Etienne) Très juste.

(Neman) Avec des choses très simples. Je trouve ça hyper bien.


Quel disque vous rend heureux à tous les coups ?


(Etienne) Des disques d’énergie, de rock : Sonic Youth « Daydream nation ». Et François de Roubaix « Chapi chapo », ça me fout la patate.

(Neman) Harry Belafonte. Ce n’est pas forcément un disque joyeux qui te rendra joyeux.


Etienne, as-tu un son préféré ?


Je ne sais pas. Je n’arrive jamais à refaire deux fois le même son. La plupart du temps je n’arrive pas à retrouver ce qu’on fait en répète ou d’une salle à l’autre. Un peu comme ce soir. Donc il faut jouer avec ça. Ça peut-être une lutte ou une belle contrainte qui nous pousse dans nos retranchements et qui remet en cause à chaque fois ce qu’on fait. C’est à la fois dur et extrêmement enrichissant.

C’était très étrange ce soir. Plus on s’éloignait de ce qu’on voulait faire c’est à dire comment les morceaux ont été composés plus ça marchait.

A la fin je commençais à me sentir vraiment bien. Je n’avais plus envie d’arrêter de jouer.

C’était tellement… c’était beau quoi.

(Neman) Ce qui compte dans notre façon de jouer est la liberté d’interpréter les choses comme on veut. On n’a pas du tout de règle dans nos morceaux. On a une ligne directrice et après ça peut partir dans n’importe quel sens. On peut se le permettre parce qu’on est que deux. Quand tu es un groupe tu ne peux pas à moins que tu fasses de l’improvisation.

(Etienne) Du jazz à la limite.

(Neman) Mais à deux on a d’énormes libertés qu’on ne pourrait pas avoir si on était un groupe de rock. Souvent on nous demande si on va rester deux. Oui, surtout pas plus de deux.

(Etienne) On peut se surprendre aussi l’un et l’autre.

(Neman) Quand on est deux il n’y a pas tellement le choix, tu ne peux pas reposer sur les autres.

(Etienne) Oui, on n’est jamais à l’aise. C’est très bizarre. Parfois l’un d’entre nous a des difficultés pace qu’il s’entend mal. L’autre réagit par rapport à ça. J’ai souvent des difficultés techniques parce que mes instruments sont un peu capricieux alors on n’est jamais à l’aise. Il se passe un million de choses dans nos têtes.

(Neman) Il y a toujours des imprévus. C’est ça qui est excitant et qui fait la différence avec plein d’autres gens.

(Etienne) J’ai parfois des complexes quand je vois Max Tundra et Apparat (en concert le même soir). Ils ont des supers shows alors ça fait envie. Ils savent ce qui se passe. Ils ont un contrôle sur tout.

Pour nous ce soir, il y avait même des gens qui hurlaient des références. C’est chouette parce que tu te dis qu’on te comprend. Les gens sont dans le même mood que nous. C’est un truc de résonance. Je ne sais pas pourquoi ils disent ça. On leur parle avec des sons.


Avez-vous des paroles de chansons préférées ?


(Neman) On fait des reprises de chansons qu’on aime beaucoup. « Warm leatherette » de The Normal, un tube dans les années 80.

(Etienne) Des paroles un peu abstraites mais très évocatrices.

(Neman) Une histoire d’accident de voiture.

(Etienne) Et d’amour.

(Neman) D’amour, de sexe. Il dit : faisons l’amour avant de mourir.

(Etienne) C’est inspiré de Crash je pense.


Qu’avez-vous appris de nouveau aujourd’hui, ces derniers temps ?


(Etienne) Je n’ai pas l’impression d’apprendre jamais quoi que ce soit. J’oublie tout. Je fais toujours les mêmes erreurs. Je suis un éternel cancre.

(Neman) J’ai appris que le batteur des Silver Apples était mort.

(Etienne) Ça fait pas mal de temps.

(Neman) Mais je savais pas.

(Etienne) On en a parlé cet après midi parce que c’est un groupe très important dans la musique avec un batteur révolutionnaire. Ils ne sont pas forcément connus, ne le seront peut-être jamais mais ils ont une descendance importante.


Si vous pouviez vivre un jour dans la peau de quelqu’un d’autre ?


(Neman) Bjorn Borg pour moi.

(Etienne) Un sportif ?

(Neman) J’aurais bien aimé être un sportif.

(Etienne) Moi, j’aime bien les grands explorateurs. Les gens qui ont découvert seuls avant tout le monde de nouveaux territoires.

(Neman) Tu veux aller sur la lune toi non ?

(Etienne) Oh c’est un peu cliché.

J’aime les trucs dangereux. Les gens qui prennent un bateau, qui traversent l’Atlantique. Je pense aux vikings qui ont découvert les Amériques avant tout le monde sur un petit bateau, qui ne savaient pas où aller.


Quel est votre monstre préféré ?


(Etienne) Le zombie n’est pas mal, très intéressant. Son cerveau ne fonctionne plus bien. Il ne contrôle même pas bien ses mouvements et n’est guidé que par ses instincts. Je me sens assez proche de ça souvent.

Les zombies sont bien plus gentils que les autres.

Ils ne sont jamais maîtrisables, ils sont plus fort que le reste simplement parce qu’ils ne réfléchissent pas et se laissent guider par leur moi profond.

(Neman) J’ai revu le film « Gremlins » récemment. Ils sont trop mignons. J’adore Gizmo.


le myspace de Zombie Zombie

le label Boomboomtchak


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