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interviews, conversations



Lorsqu’ils se sont rencontrés, les nancéens Emilie et Anthony ne venaient pas exactement du même monde musical. Rapprochés sous l’effet de forces invisibles aussi appelées tourbillon de la vie, la violoniste et le batteur inventent Filia Motsa, un projet téméraire en pleine expansion. Sur son premier disque, un bel objet dans une pochette sérigraphiée, le duo dynamique expérimente, bouscule et ravit. Ils jouent sur les nerfs et sur les dents.


Filia Motsa transforme la somme de ses références en quelque chose de personnel et nouveau. Les deux musiciens s’emploient à dépasser la somme de leurs références, organisent le bruit en kaléidoscope et, ci-dessous, parlent avec une bonne dose d’auto dérision de ce qui les passionne sérieusement.


filiamotsa.com


On trouve le disque chezkitokat.com




Filia Motsa, a-t-on le droit de savoir d’où vient votre nom?



Emilie : Filia (ou philia) c’est l’amitié en grec. Il y a trois amours en grec, eros, philia, l’amitié fraternelle et agapè, l’amour de dieu. Motsa, en l’hébreu, c’est la provenance. Par exemple, quand un juif d’Israël demande à un autre juif : « C’est quoi ta motsa? », il lui demande son pays d’origine. Donc Filia Motsa, c’est quelque chose comme « en provenance du territoire de l’amitié ».





Depuis quand existez- vous? qu’avez vous fait avant?



Emilie : On existe depuis avril 2007, on fait encore plein d’autres choses « pendant ». Quand on s’est rencontré, on a vite travaillé ensemble. Je viens de la musique improvisée, libre. Et Anthony vient du rock.


Anthony : Nirvana, j’ai plutôt fait de la musique comme ça, emo, hardcore, plus « rock binaire ».





Depuis quand écoutez- vous de la musique? Comment avez vous appris?



Emilie : Mes parents m’ont inscrite à la musique. J’ai choisi le violon parce que je me demandais comment on pouvait ne jouer que sur une corde alors qu’il y en avait quatre. C’était plus par curiosité que parce que j’aimais le son. Après j’ai compris que les cordes ne sont pas liées.





Et tu as continué quand même après avoir compris comment ça marchait?



Emilie : Oui. Mes parents voulaient que j’arrête au bout de deux ans parce qu’ils en avaient marre d’entendre des canards.


Anthony : J’ai commencé par le piano à six ans, dans une école de musique. Les deux premières années je voulais en faire et après mes parents m’ont beaucoup forcé. Ensuite j’ai fait de la guitare et de la batterie en autodidacte. Je fais de la batterie depuis quatre ans et demi.





D’où est venue l’envie de jouer vos morceaux et pas ceux des autres?



Emilie : Il y avait un désir des deux cotés. On se connaissait pas. On s’est rencontré dans une émission de radio, une émission de musique improvisée avec des gens qu’on ne connaissait pas. Ça a bien fonctionné alors j’ai intégré son groupe de rock, Mijotron. Au bout de trois mois il y avait quelque chose qui passait entre nous humainement et on a eu l’idée du duo en même temps.





Sur l’album, de quel morceau êtes-vous le plus fiers?


Emilie : Klimt. C’est une interprétation très débridée et personnelle d’un morceau de Nirvana, pas vraiment une reprise mais…


Anthony : C’est une grosse citation.


Emilie : Il y a une grosse citation dedans et beaucoup d’improvisation. Tous les deux, on aime bien improviser, prendre des risques sur scène, ça nous évite d’en prendre trop dans la vie, de faire n’importe quoi (sourire).





Et KC, qu’est-ce que c’est?



Emilie : Kurt Cobain.


Anthony : Ce n’est pas le premier sens!


Emilie : En fait ce sont les initiales de deux grosses références communes. Quand j’étais petite mes parents écoutaient beaucoup de musique psyché des années 60. Du coup King Crimson est dans mes oreilles de petite fille. Et toi Anthony, King Crimson ça a été plutôt à l’adolescence ?


Anthony : Même pas, il y a trois quatre ans plutôt. A la base, KC désignait vraiment plus King Crimson, et ça tombait bien avec Kurt Cobain.





A quelle époque auriez-vous aimé vivre?



Emilie : Les années 60


Anthony : Avoir vingt ans en 70…


Emilie : On ne se revendique pas de l’esprit hippie mais c’est à cette époque-là que tout a vraiment émergé, que ce soit la musique impro ou la musique des années 60 psyché, c’est hallucinant.


Anthony : C’est une époque où on a commencé à tout inventer. Enfin il faut jouer ce qui vient de toi, mais sinon quel mélange n’a pas été fait? Il y a même de l’électro mélangée avec du manouche maintenant. Il y aura peut-être encore des choses nouvelles mais on ne sait pas où on va aller.





Quels musiciens sont vos références? Un violoniste dont vous admirez le travail? Un batteur?



Emilie : Tous les violonistes classiques, Ostrakh, Menuhin. Grapelli, en manouche. Tous ceux qui sont admirables, qui sortent du lot. En violon la référence reste le classique parce que les musiciens folk ne sont pas souvent nommés. On connaît au mieux des noms de groupe dans la musique d’Europe de l’est. Je kiffe la musique classique. J’adore Schubert. Je n’en écoute pas plus que ça, mais j’en ai écouté.


Anthony : Beaucoup de batteurs des années 70. Je pense aussi à Dave Lombardo, le batteur de Slayer ou Fantomas. Jimmy Chamberlin me vient à l’esprit, et tous les batteurs jazz. Art Blakey et tous les batteurs de cette époque là, vraiment pleins de styles de batterie différents.


Emilie : J’ai trouvé : un violoniste d’impro avec qui je vais avoir la chance de jouer en mai. Un américain qui s’appelle Malcolm Goldstein.Il a travaillé avec John Cage. Il est vraiment dans un rapport physique à son instrument. C’est hyper bateau de dire ça mais il y a quelque chose qui te transcende quand tu l’écoutes. Il y a Fred Frith aussi. Les gens que tu croises t’influencent beaucoup parce que quand tu joues avec quelqu’un, un échange se crée forcément.


Anthony : Michel Deltruc, à Nancy, est un batteur jazz à la base. J’ai eu l’occasion de jouer avec lui et j’ai eu l’impression de l’aspirer comme une ventouse et de m’imprégner de son jeu. Tu apprends énormément avec les gens généreux.





Que faites-vous quand vous ne faites pas de musique?



Anthony : Je cherche des concerts!


Emilie : Je pense à la musique. Cette année je ne fais rien d’autre. J’ai décidé de prendre une année pour vraiment travailler la technique plusieurs heures par jour, reprendre des cours etc… Vivre de la musique est-il un rêve? Oui et non parce que je n’ai pas envie de devoir courir après les cachets. Le problème du beurre et l’argent du beurre…





Si on vous proposait d’inventer quelque chose spécialement pour vous, que demanderiez-vous?



Emilie : Une maison avec une énorme salle de répète et un petit endroit de concert pour faire venir des gens.


Anthony : Moi ce serait plus un gros truc sur scène, qui tourne, avec écrit Filia Motsa, et une batterie qui se lève (rires).





Si vous pouviez passer une journée dans la peau de quelqu’un d’autre?



Emilie : (à Anthony) La tienne! Pour savoir comment tu fonctionnes.


Anthony : Ça y est, j’ai trop réfléchi, ça ne sera plus spontané… Art Blakey, un jour où il joue de la batterie bien sûr.





Pourriez-vous décrire l’autre en trois mots?



Emilie : Râleur, volontaire, charmeur.


Anthony : Je peux me lâcher? Sensible, réfléchie, pas nerveuse.


Emilie : (rires) C’est tout l’inverse !





Votre monstre préféré?



Emilie : Je crois qu’on peut avoir une réponse commune c’est Antoine Arlot, mais il n’est pas connu. C’est un saxophoniste de Nancy qui est vraiment hallucinant. Il est toujours hyper positif, transcende tous les clivages qui peuvent exister entre tous les petits mondes de la musique. Il est transcendantal et surtout il donne confiance dans le joyeux.


Anthony : Pour moi ce serait Dave Grohl. Je ne sais pas ce que je ferais si j’étais en face de lui. C’est vraiment le mec qui m’impressionnerait le plus.





Et votre super héros préféré?



Anthony : Batman parce que j’aime bien les chauves souris.


Emilie : (après réfléxion) Il y a un cinéaste que j’adore. C’est un peu un super héros parce qu’il a fait des films en URSS. Tarkowski est un petit peu un super héros subversif… pfff, ça fera intellectuel…





Et pour finir, existe-il une question qu’on ne vous a jamais posée et que vous aimeriez bien qu’on vous pose?



Emilie : « Est-ce que tu as envie que je te donne la possibilité de faire le tour de la planète avec Filia Motsa, tour incluant une méharée de 3 mois dans le désert? »




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