fictionalize you life

We can go wherever we please and everything depends upon how near you stand to me

 
buy augmentin online without prescription bestdrugs4health.com
staxyn 10 mg at www.buycheapdrugsnorx.com
Cytotec Cytotec online Misoprostol online
RSS Feed

interviews, conversations



Souvent, l’habit ne fait pas plus le moine que l’artwork ne fait le disque, pourtant il faut reconnaître que la pochette de ce Psychodrama est diablement réussie. Sorti chez Herzfeld en été, le micro label Specific le propose à présent sous la forme d’un beau vinyle blanc, objet précieux, paroles imprimées, double invitation à l’écoute et à la lecture.


Quatre silhouettes sorties du brouillard comme d’un couloir spatiotemporel jouent avec leurs souvenirs des années new wave, fin des 80s, début des 90s, une période où les instruments résonnaient comme des sonars, tentaient de prendre la mesure du monde alentour. Voix blanches, batteries martiales, volutes de synthés et de guitares, à travers un kaléidoscope d’influences évoquant tour à tour Cure, New Order ou And Also The Trees, A Second Of June prolonge l’onde des chocs esthétiques d’années inoubliables et affirme à sa façon moderne la nécessité d’éclairer de nouvelles aurores boréales le ciel de nos existences.



http://specific.tumblr.com/


http://www.hrzfld.com/



prochains concerts :


25.11.11 - Les Trinitaires, Metz + Akron Family


04.12.11 - Le Point éphémère, Paris + Einkaufen + Luneville


09.12.11 - La Laiterie, Strasbourg + Baxter Dury


01.03.12 - L’Excelsior, Allonnes + Philippe Poirier + Roméo & Sarah







A second of june: Sleep Widow from olivier ramberti on Vimeo.







Un grand merci au groupe pour ses réponses détaillées à des questions farfelues.



Comment avez-vous appris la musique ?


Olivier : J’ai commencé par la basse pour monter un groupe au collège. J’ai pris des cours mais surtout joué sur des disques dans ma chambre. Les sonorités de cet instrument étaient celles qui m’attiraient le plus dans les groupes que j’écoutais : The Cure, The Pixies et surtout Joy Division. Et ça tombait bien, tout le monde veut jouer de la guitare ou de la batterie.


Grégory : Avec mon cousin; on décryptait les tablatures d’un célèbre magazine pour apprentis guitaristes et on essayait de jouer des plans de guitar heroes, des riffs de groupes grunge en vogue ou des suites d’accords brit-pop. Comme on était nuls et impatients on a vite laissé tomber pour composer nos propres morceaux.


Elsa : J’ai pris quelques cours de guitare mais je passais plus de temps dans ma cave à essayer de gratter quelques accords pour composer mes chansons qu’à travailler les morceaux de guitare “picking” de mon professeur!




Quelle importance accordez-vous à l’endroit où vous vivez?


O : Strasbourg est une ville très agréable, voilà bientôt quinze ans que j’y vis et j’ai fini par m’y attacher vraiment. En dehors de la période de Noël, ce n’est pas une ville très stressante. Je serais bien plus inquiet de devoir vivre dans un village de la région. J’aime bien l’impression de mouvement et d’anonymat liée aux villes. L’envie d’habiter une ville plus grande et décontractée, comme Stockholm ou Berlin, se fait parfois sentir mais pour l’instant les habitudes l’emportent !


G: C’est la solitude des grandes villes qui me manque et que je ne ressens plus ici. Quand je suis arrivé tout était neuf, étrange et labyrinthique. On s’implante, on s’intègre; au final c’est plus rassurant. Mais moins romantique!




Quel est votre endroit préféré au monde?


O : J’aime bien être dans le ciel, survoler les paysages en avion mais c’est plutôt rare et je crains qu’en vérité ce soit ma chambre.


G: mon salon, surtout le matin quand il fait beau; en temps cumulé je dois bien passer une heure par jour à regarder les gens marcher dans la rue ou à regarder ceux qui font comme moi dans l’immeuble d’en face. C’est fascinant, comme une émission débile à la télé, un miroir, ou un film de De Palma.


A l’opposé j’aime aussi beaucoup mes toilettes. Dernier lieu de solitude sur terre.


Sinon, il y a la maison de mes grands-parents où j’ai grandi en partie. Ma grand-mère l’a vendue il y a 5-6 ans car elle ne pouvait plus y vivre seule. Elle est située dans un petit village au fond d’une vallée. J’en rêve souvent. Cette maison et les quelques ares de prés autour doivent représenter l’ultime refuge, un lieu d’éternité où tout est immuable. Parfois je retourne dans ce village et je passe devant la maison; d’autres gens y habitent, qui ne me connaissent pas, et je ne peux pas y pénétrer. C’est terrible; comme si on m’interdisait l’accès à mes toilettes.




Est-ce qu’il y a des disques / des courants musicaux que vous n’avez pas encore écouté mais que vous prévoyez d’explorer bientôt?


O : Une attraction/répulsion pour la musique contemporaine.


G: J’ai longtemps entretenu une certain réserve envers les musiques électroniques et synthétiques. C’est un langage que je n’arrivais pas vraiment à décoder. Mais depuis quelques mois je m’intéresse à ce qui se fait aujourd’hui dans ce domaine. Je ne me suis pas encore vraiment penché sur les pionniers; mais ça ne saurait tarder. En réalité cette curiosité est très intéressée: comme on intègre de plus en plus de boîtes à rythmes et de synthés dans notre musique on a acquis du matériel qu’on découvre peu à peu. Et un bon moyen d’apprendre à utiliser ces sons et à les disposer dans l’espace est d’écouter la manière dont les autres ont procédé.




Quelles sont les pierres d’angles de votre collection de disque? Les disques qui ont changé votre manière d’écouter et de jouer?


O : Ce ne sont pas forcément tous mes disques préférés mais ils ont été des chocs esthétiques : Closer de Joy Division, Loveless de My Bloody Valentine, Tender Buttons de Broadcast, Misery Is A Butterfly de Blonde Redhead, Trans Europa Express de Kraftwerk, Low de David Bowie, Silur de Tarwater, Third de Portishead. Aujourd’hui j’écoute majoritairement des disques frais et plutÙt légers comme ceux de The Radio dpt., Thieves Like Us, Wild Nothing, Baxter Dury, Panda Bear, Glass Candy ou Anika. Ou encore des vieilleries aventureuses comme Neu!, Throbbing Gristle ou Silver Apples.


G:”After Murder Park” des Auteurs (pour le songwriting), “Washing Machine” de Sonic Youth (pour les harmonies déconcertantes), “Vivadixie” de Sparklehorse (pour le côté DIY, l’art du mix inventif), “Disintegration” des Cure (pour les superpositions très intelligentes de mélodies très simples), “This is a Pinback CD” de Pinback (parce qu’ils ont fait là l’album que j’aurais rêvé de faire), “Artists Rifles” de Piano Magic (pour la rigueur de la composition et le soin porté au son), “Listen to the rag and bone man” d’And Also The Trees (pour la beauté des textes et des guitares); récemment Twin Shadow, Blood Orange et John Maus m’ont beaucoup inspiré.


E: Définitivement “Disintegration” et aussi le Best Of de Depeche Mode que j’ai acheté il y a six ans (tous les deux pour, comme tu dis Greg, des superpositions géniales de mélodies, mais aussi pour la façon qu’ont Robert Smith et Dave Gahan d’assumer les mots qu’ils chantent et d’y mettre autant de romantisme à la limite du second degré).




Quel est votre premier souvenir musical marquant?


O : Les vinyles d’Ennio Morricone que tout petit je demandais à écouter en raison des cow-boys sur les pochettes. C’est cliché mais l’impact visuel de ces sons et ces ambiances est tellement puissant ! A quatre ans je pouvais passer du salon vert et brun de mes parents à des endroits bien plus exotiques rien qu’en fermant les yeux et en écoutant.


A la même époque des compilations disco-pop avec des groupes comme Indeep, Blondie, Lipps Inc. passaient parfois à la maison. Elles tranchaient avec la musique habituelle et avaient des répercussions bien différentes : j’en voyais qui battaient du pied et j’ai mis un petit moment à comprendre qu’ils auraient d’être synchrones. Heureusement la génétique n’est pas tout. Et des années plus tard je cherche toujours à créer des images mentales et des réactions physiques dans une même musique.


G: Très commun: voyage de classe à Paris en 91; on est dans le car et une copine me met le casque de son walkman sur les oreilles; je découvre “Nevermind”. Cette histoire a dû se dérouler des millions de fois dans des millions d’endroits et a dû marquer de la même façon des millions d’adolescents perdus entre la génération X et la génération Y.


Très peu de souvenirs musicaux avant. A la maison on n’écoutait pas beaucoup de musique. J’ai commencé à m’intéresser aux choses de l’art quand mon capital culturel était encore proche de zéro. A la campagne où j’ai grandi il n’y avait pas de magasin de disque, ni de médiathèque, ni de concerts offrant autre chose que du métal ou du reggae. D’ailleurs je n’avais pas l’argent de poche nécessaire pour m’offrir régulièrement des biens culturels. J’ai accumulé du retard durant ces années. Si bien que je garde en moi cette illégitimité de campagnard, arrivé à la ville mal dégrossi (bien qu’assez filiforme), et une certaine distance vis-à-vis du monde de la culture; c’est un lieu de domination et d’humiliation comme un autre, même si cet aspect est souvent passé sous silence.


E: Les concerts de l’Orchestre Philharmonique de Strasbourg auxquels j’allais parfois. J’étais très impressionnée, je rêvais d’abord de devenir violoniste, puis violoncelliste, et finalement contrebassiste…


Le concert de Eels à la Laiterie en 96 : j’avais douze ans et mon père nous a accompagnés, mon frère et moi, c’était chouette!





Quelle chanson – chantée par quelqu’un d’autre – aimeriez-vous avoir écrite?


O : “A Day In The Life” des Beatles.


G: “Tres” de Pinback: une basse, un piano électrique, une boîte à rythme minimaliste; de fines dentelles de guitares à droite et à gauche puis de nouvelles mélodies qui s’ajoutent discrètement, des contre-chants tout simples, des sons lointains; le tout sur trois accords, comme toutes les très belles chansons. C’est d’ailleurs moins une chanson, qu’un manifeste, une utopie pop réalisée.


E: Il y en a beaucoup, “Walking in my shoes” (Depeche Mode), “Summer skins” (Death Cab for Cutie), “Daisy” (Eels)……..




Avez-vous un ´feel good record’, que vous écoutez quand ça ne va pas? Un autre que vous aimez écouter quand tout va bien?


G: Pas vraiment. En général quand ça va j’écoute un truc nouveau ou découvert récemment, et quand ça va pas je me réfugie dans les disques essentiels, ceux qui m’accompagnent depuis longtemps. C’est très banal.


E: Non, je sais juste que ce fameux Best Of de Depeche Mode me maintient éveillée quand je fais de la route la nuit!




Faites-vous des reprises, en répète ou en concert?


O : Oh, ça fait bien longtemps. A un moment on s’était dit qu’on jouerait de temps en temps une reprise sans jamais interpréter deux fois la même. C’est arrivé pour “Still Ill” des Smiths et pour “Lenny Valentino” des Auteurs. Je crois qu’en répète on a dû jouer sans projet particulier “Ceremony” de New Order et “Monday Morning” de Pulp. Et “By This River” de Brian Eno au tout début du groupe. “Penelope Tree” de Felt me tente depuis des années, j’espère qu’on essaiera même si les reprises c’est pas notre truc.


G: Oui, on va finir par la faire celle-là.




Qu’aimez-vous faire quand vous ne faites pas de musique? Que feriez-vous si vous aviez plus de temps?


O : Manger et dormir ! Et écouter des disques… J’aimerais avoir plus de temps pour bouquiner, regarder des films et ne pas laisser filer les vieux amis.


G: Voir des films et lire; des BD surtout, mais de moins en moins de littérature; de plus en plus de mal à trouver des auteurs qui ont le style et le ton que je cherche au moment où je cherche; j’ai tout de même eu dernièrement un gros engouement pour David Foster Wallace: “Brefs entretiens avec des hommes hideux” surtout, un recueil de nouvelles qui sont formellement très audacieuses mais aussi très accrocheuses; un goût prononcé pour le grotesque et la dérision; un côté philo-psycho-pop post-moderne, et une tendance à élaborer des dispositifs narratifs ingénieux, brillants, et vraiment vivifiants. Son désespoir est sans limite; et sa drôlerie aussi! J’aimerais bien faire plus souvent des découvertes de ce type.


Du reste, je suis certain que si j’avais plus de temps, je passerais encore plus de temps à me demander quoi faire de mon temps libre.




D’où viennent les paroles des chansons?


G: Souvent de livres, de films ou de séries TV, en anglais. Quand j’ai une nouvelle mélodie, avant de me lancer dans l’écriture du texte, j’attends qu’un mot ou une expression vienne se poser dessus et fasse déclic. Ensuite je tire sur la bobine; un mot en amène un autre puis un autre, des phrases se forment, des thèmes apparaissent (ce sont en réalité les obsessions intimes qui remontent à la surface); ensuite je structure, je choisis les mots et, surtout, j’adapte les sonorités à mes propres capacités articulatoires, pour arriver à une certaine fluidité, un semblant de naturel (qui est tout sauf du naturel puisqu’il faut le conquérir, à plus forte raison dans une langue qui n’est pas sa langue maternelle). Seulement, le déclic se fait parfois au bout de plusieurs années. Si bien que j’ai des tas de chansons inachevées. En fait ça se passe parfois comme ça. Mais pas tout le temps. A la base il y a tout de même toujours un déclic à la con. Des textes trop médités, trop prévus, n’aboutissent en général à rien, parce qu’il faut ressentir un certain plaisir au moment de la création, qui ne peut exister que s’il y a de la surprise, quelque chose d’inédit dans le cheminement créatif.




Avez-vous des héros de fiction – ou dans la vraie vie - qui sont un peu des modèles?


O : L’agent Dale Cooper.


G: Ça change souvent. La semaine dernière j’ai revu “Barry Lyndon”, donc je dirais Barry Lyndon. Cette semaine j’ai lu “George Sprott” de Seth donc je dirais George Sprott. J’aime bien ces héros ambigus, qui peuvent exprimer un idéalisme admirable mais qui peuvent aussi s’avérer petits, égoïstes, calculateurs. Ils me ressemblent davantage, et j’espère ne pas être un cas isolé. L’identification reste un ressort formidable dans l’efficacité d’une fiction.




Et dans la vie, est-ce que vous avez souvent recours au psychodrame, ou pas?


G: Non, parce que c’est antinomique. Le psychodrame est une représentation de la vie, une mise en scène.




Si vous pouviez passer une journée dans la peau d’un autre, qui choisiriez-vous?


O : Un astronaute.


G: Chris Ware, pour voir ses planches de près et en grand et sentir ce que ça fait d’être un génie, de l’intérieur.




Qui/ Quel est votre monstre préféré?


O : Les vampires.


G: l’homme banal.


E: Alf.





Si on vous proposait d’inventer quelque chose spécialement pour vous, que demanderiez-vous?


O : Un moyen d’arrêter le temps.


G: l’amour éternel




Qu’avez-vous appris aujourd’hui ou récemment?


O : A faire une sorte d’aïoli customisé pour une nouvelle recette de burger totalement fascinante.


G: A utiliser un synthé virtuel avec un séquenceur virtuel, et à changer la longueur des notes (ce point surtout m’a pas mal posé problème, mais j’ai découvert qu’on pouvait tirer une languette blanche à la fin d’un bloc vert et allonger la note prévue)




Pour finir, un jeu de mot idiot que vous aimez particulièrement, une blague à partager?


G: Une blague à faire au moment du digestif (et approuvée par la Sécurité Routière): Cointreau n’en faut!


O: Les miroirs réfléchissent trop.








Nouveau message